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    La vie est d'une richesse infinie, pourtant nous avons encore plus: l'imagination !

Conte de Noël 2008

La poupée du clochard.


- Dis Maman, pourquoi le monsieur il est comme ça triste ?
- Mais Margot parce que c’est un clochard !
- Pourquoi il est un monsieur clochard ?
- Parce qu’il n’a plus de maison !
- Il a pas de maison le monsieur ?
- Parce qu’il n’a pas d’argent !
- Pourquoi il n’a pas … ?
- Parce qu’il ne travaille pas !…
- Pourquoi …
- Ha ça suffit, assez Margot ! C’est pas le moment ! Tiens donne lui cette pièce si tu veux mais dépêches-toi !

Déjà que faire les magasins n’était pas ce que préférait Margot, mais en ces préparations de fêtes c’était une cohue encore plus fatigante. Pourquoi sa Maman était-elle énervée comme cela alors que Noël devrait être une fête de la gentillesse et de la bonté ? Mais il valait mieux ne plus poser de question !

Margot prit la pièce, courut vers cette masse de vieux vêtements noircis de bitume, d’où émergeait une barbe hirsute et deux yeux tristes qui ne regardaient plus personne.

Margot regardait ces yeux et ne vit pas le godet de plastique où dormaient quelques centimes qu’elle écrasa. Alors en riant toute confuse, elle ramassa les pièces, ajoutant la sienne et prenant la main de l’homme elle les lui donna en le regardant avec ce sourire si gentil que seules savent faire les petites filles qui n’ont pas encore été déçues par la vie.

Puis courant à toute vitesse, elle rattrapa la main de sa maman qui entrait déjà dans les grands magasins...

Assi sur le trottoir un être redevenu un peu homme regardait encore en direction du souvenir de cette petite princesse. Le rythme de ses pas rapides raisonnait dans sa mémoire. Il frissonnait encore du doux contact de cette petite main si chaude.

- L’après-midi fut éreintante ! Mais je crois avoir réussi à acheter tous mes cadeaux !
- Si tu savais au bureau comment cela se passe, ils ont à tout prix voulu boucler l’inventaire avant les fêtes ! Imagine l’ambiance...
- Bon il faut que je passe au distributeur j’ai plus un sou vaillant!
- Tu ne risque pas ! il vient d’y avoir un casse là-bas avec les fêtes les banques sont juteuses, alors tout est bloqué, il parait qu’ils ont réussi à choper les voyous mais pas retrouvé le butin !
- Tu parles, je parie que c’est un coup pour faire payer les assurances ce truc !

Pendant que les adultes, avachis devant leur thé racontaient leur journée, Margot était allée trainer au bout de la terrasse, elle était toujours attirée par les poubelles, rare lieu d’imprévus dans la grande cité. D’ailleurs cela n’a pas manqué, puisqu’elle en ramena une grande poupée défraichie.

Tout d’un coup sa mère s’en aperçu :
- Mais c’est pas possible, où as-tu encore été déniché cette grosse horreur !
- C’est ma poupée princesse, je l’ai trouvé là-bas !
- Va vite me jeter ça, tu en auras peut-être des bien plus belles à Noël.
- Je veux la garder, elle a l’air si gentille !
- Obéit pour une fois, sinon je me fâche et gare à ton Noël,…et dépêche-toi, tu te laveras bien les mains en revenant.
- Margot parti en trainant les pieds vers la poubelle, que le clochard fouillait en quête d’un reste de sandwich ou d’une cigarette.
- Tiens Monsieur clochard, garde ma princesse !

Ainsi la poupée ne serait pas jetée pour de bon pensait Margot.

Elle reparti vers sa mère qui en soupirant l’emmena vite fait se laver consciencieusement ses mains dans le bar du salon de thé.

« Princesse ! » Le clochard ne pensait que ces mots là, il en était tout secoué. Il se retrouvait lui, sale, puant, affamé avec entre ses mains une grande poupée offerte par une si jolie petite fille, qu’il resta un moment sans comprendre ce qui lui arrivait.

Il retourna vers son carton sous le grand pont de l’autoroute enserrant fort la poupée dans ses bras.

Elle lui tenait chaud cette poupée, il la regarda longtemps, avant d’oser lui caresser les cheveux, puis dégotant un vieux peigne il la peigna soigneusement, elle devenait femme, mais sa robe était sale et déchirée, alors il la rangea délicatement au fond de ses chiffons et parti chercher sans trop savoir quoi… « Restez là Madame, vous n’aurez pas froid. »

Ce n’était plus de mégot ni de pain qu’il était en quête mais de quelque chose qu’il ignorait encore…

Arrivé devant une mercerie, il découvrit dans la vitrine de noël, de multiples rubans de toutes les couleurs et même certains étaient argenté et dorés. Voilà ce qu’il cherchait : de la beauté. Il regarda un long moment puis se décida à entrer, lui qui n’avait plus mis les pieds dans un magasin depuis… oh il ne savait plus.

La mercière fit la grimace, la clochette de la porte venait d’annoncer l’arrivée d’un gros tas de vêtement sales et puants habillant une loque humaine qui se tenait debout devant son comptoir. Comme il ne disait rien, elle ne savait pas comment le chasser, un peu inquiète pour ses dentelles et ses chapeaux exposés. « Qui sait il est peut-être fin saoul ! »

Elle eut peur au moment où il tendit la main sale habillée d’un gant tricoté de noir sans doigts où trainaient quelques malheureuses pièces et de son autre. Il montra les rubans multicolores.

- C’est ça que tu veux, que vas-tu bien pouvoir en faire !
Il fit signe de la tète…
- Bon prend les et décampe ! Elle prit son panneau d’échantillons et lui fourra dans les mains.
Mais il insistait pour qu’elle prenne ses pauvres pièces.
- Ca ne te suffit pas ! Allez c’est bien parce que c’est Noël, tiens prend donc. Elle découpa sur son étal plusieurs longueurs de rubans argenté et même des dorés les mis dans un sac publicitaire « dentelles de Montmirail » ajouta quelques chutes de jolis tissus.
- - Mais ce n’est pas avec ça que tu auras chaud !
Il lui prit la main malgré sa réticence, y déposa ses pièces et parti au grand soulagement de la mercière.

En revenant sous son pont, il regarda par habitude les poubelles du grand restaurant et ramassa une des caisses en bois pour vin de luxe.

Ce sont souvent ceux qui ont le moins qui partagent le plus, mais ce soir là aucun de ses collègues d’infortune ne purent lui parler, il gueulait chaque fois que l’un d’entre l’approchait, même pour lui apporter un coup à boire.

- Bonsoir poupée Margot, je vous ai apportée des robes, vous allez être très belle.
- Acceptez que je vous déshabille chère dame, et que je vous pare de beaux atours, car c’est soir de fête.

C’est en enlevant la vieille robe qu’il découvrit les marques de noblesse de la poupée.

Il improvisa patiemment un jupon de dentelles de Montmirail en papier, et bricola une longue robe avec les chutes de tissus et les rubans.

- Comtesse Margot, vous êtes superbe, voici votre château, regardez c’est même marqué dessus « château Margaux ! » Regardez toutes ces fenêtres, et ce grand parc, acceptez vous d’y habiter ? Vous sentez ce parfum de grand vin ! La soirée sera impériale.
- Oh comme vous voilà belle, Duchesse, acceptez vous de… Heu attendez ma chère amie !

Tiens rangeons tous ces papiers pour vous faire un chaud matelas pour la nuit.

Il l’installa confortablement dans son nouveau château de bois…

Oh qu’est ce que tu fous tu veux te fiche à l’eau ?

Les autres sdf n’en revenait pas voilà que le vieux était les pieds dans l’eau du fleuve en train de se faire une toilette !

- Regarde le vieux ! Il pette les plombs ? Mais l’eau est glaciale !
- Eh Ducon tu veux attraper la mort !
- Fichez-moi la paix, allez vous faire foutre ! C’est ce soir que…. Et , vous êtes trop cons pour piger !

Après s’être fait propre à l’eau du fleuve, enfin c’était très relatif ! Il fouilla ses vieux sacs en plastique et en sorti une chemise moins grise que les autres, et un pantalon plus noir que sa poussière habituelle. Il mit sa vieille veste. Puis il entreprit de se peigner, mais là ce fut le plus difficile, alors à coup de couteau il trancha les nœuds insolubles pour arriver à ses fins…

Puis il frappa à la porte du château et ouvrit la porte, s’inclina devant sa nouvelle princesse puis se leva et déclara.

- Noble reine, accepteriez vous cette danse ?...

Dans le lointain résonnait un violon de misère qui égrenait toujours la même valse, la voute du pont est devenue salle de bal, le nouveau roi dansait avec sa reine sur le pavé inégal sous le regard goguenard de rares badauds promus au rang de fidèles sujets.

- Reine Margot, Grande dame, je veux mettre mon empire à vos pieds ! Acceptez d’être Madame l’Impératrice !

Sa dernière bouteille de mauvais vin servit de château Margaux et de champagne à la fois !

Toute la nuit les autres déshérités le virent chanter danser, embrasser son impératrice, hurler des vivats au grand dam des voisins heureusement aussi avinés que lui.

Au matin ce fut la sirène des pompiers qui servit de sonnerie d’honneur…
- Encore un SDF mort de froid ! Cela fait combien cette année ?
- C’est le numéro huit dans notre zone !

Numéro huit ! Quelle épitaphe…

La sonnette carillonna,
- Bonjour Madame c’est les pompiers !
- Ah pour vos étrennes, attendez ! Margot apporte moi mon sac s’il te plait !
La petite fille arriva en courant et sourit impressionnée par l’uniforme tiré à quatre épingles.
- C’est toi qui t’appelle margot ?
- Oui Monsieur Général…
- Mais non ! Attends, connais-tu un certain clochard ?
- Celui qui était toujours couchés devant les grands magasins ?
- Mais Monsieur pourquoi parlez vous de cette homme à ma fille ?
- Attendez moi je reviens…

Il revint de son camion avec une grande boite enveloppée de tissus et ficelée de partout de rubans multicolores, ….

Tiens Margot, je suis son ambassadeur, je crois que c’est pour toi, regarde c’est marqué «Legs à la Princesse Margot »
Madame, excusez moi pour ce geste mais je peux vous expliquer ? Intriguée la mère redoutait le pire…
- Attends nous là Margaux s’il te plait.
- Voilà nous avons ramassé ce matin un clochard en très mauvais état, quasi mort de froid du nom de Joseph, on n’en sait pas plus, mais il a laissé cette boite et dans son délire, juste avant de mourir il m’a nommé « ambassadeur » et fait promettre de « transmettre son héritage à la princesse Margot de la part de l’empereur et de son impératrice. » comme il a dit. « Elle a un beau sourire et des cheveux d’or ». Je ne sais pas si c’est votre fille mais s’il existe une vie après la mort, cela ferait plaisir à ce pauvre homme de savoir qu’une Margot a reçu son cadeau…

Margot était curieuse et juste cachée derrière la porte elle entendit tout, alors elle prit la boite et courut se blottir dans sa cachette secrète. Patiemment elle défit chaque nœud l’un après l’autre, et très lentement elle déplia les tissus, elle découvrit un beau château dessiné sur le couvercle de bois. Elle souleva le couvercle en tremblant...

La grande poupée était devenue belle, bien plus mince que dans son souvenir, parée d’une robe de velours rouge avec une ceinture de papier chocolat, et des rubans d’argent, un diadème de ruban d’or tressé dans les cheveux. Elle dormait sur un épais matelas de billets de banques tout neufs, soigneusement alignés.

Fine mouche elle devina vite qu’il ne faudrait jamais rien dire aux grandes personnes, Alors elle murmura solennellement : « Je garderais votre secret, Empereur ! »

Page écrite décembre 2008



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(aide) Page mise à jour le
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